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CRA de Bordeaux : RESF33 dénonce les conséquences désastreuses d’une politique du chiffre sur des êtres humains

Communiqué de presse du RESF 33, 13 mars 2008

15 mars 2008

Pour rappel :

Pour la seule France métropolitaine et pour l’année 2008, le gouvernement français a fixé à 26 000 le nombre d’étrangers dénués de titre de séjour devant être expulsés (soit 1 000 de plus que le quota officiel à atteindre en 2007).

Les Centres de Rétentions Administratives (CRA) sont les lieux d’enfermement des personnes étrangères en défaut d’autorisation de séjour sur le territoire français, contre lesquelles ont été prises des mesures de reconduite à la frontière (ou d’expulsion).

A Bordeaux, le CRA est situé au sous-sol du commissariat central. Il dispose de 24 places, distribuées en chambres de 4 personnes, ainsi que d’une cellule d’isolement et de deux salles communes.

Récemment, les CRA ont beaucoup fait parler d’eux à Vincennes notamment et au Mesnil-Amelot. Les retenus rapportent des violences policières, des fouilles corporelles, des atteintes à leur dignité la plus élémentaire : difficultés à se soigner, à contacter l’extérieur, nourriture abjecte…

Qu’est-ce qui justifie qu’un tel traitement leur soit réservé ?

Rappelons que leur seul délit est de ne pas avoir de papiers.

Pour tenter d’échapper à cette situation absurde et de sortir du silence, ils utilisent les seules armes dont ils disposent : grèves de la faim, résistance aux ordres, bouts de papier scotchés sur leurs vêtements mentionnant notamment « liberté égalité fraternité », ou encore pays des droits de l’homme »… Résultat : Plusieurs « meneurs » de ces « révoltes » ont été déplacés dans d’autres centres de rétention loin de leur famille et expulsés prioritairement en guise de représailles.

Ça se passe ici et maintenant, à bordeaux

A Bordeaux, la situation au CRA est extrêmement préoccupante :

- Depuis le début de l’année 2008, plusieurs automutilations - lames de rasoir avalées, brûlures de cigarettes…- et quatre tentatives de suicide se sont produites au CRA.

Cela s’était certes déjà produit auparavant, mais jamais dans de telles proportions. Nous assistons à un phénomène nouveau : en raison du durcissement de la politique gouvernementale, de plus en plus de personnes retenues se retrouvent en très grande détresse humaine et psychologique. Et que se passe-t-il lorsque sont enfermées plusieurs personnes fragiles dans un lieu très confiné ? Leur détresse s’alimente mutuellement et la situation est d’autant plus tendue.

- Les fouilles des chambres et des retenus sont régulières.

- Pour faire des économies de fonctionnement, il arrive que les retenus soient cantonnés dans une moitié du CRA, alors que l’autre moitié est vide.

- Malgré le travail réalisé par l’équipe médicale du CRA (équipe infirmière), certains retenus nécessiteraient la présence permanente d’un médecin psychiatre et d’un psychologue.

- Les visiteurs sont parfois mal accueillis par la police, voire refusés d’admission, ce qui prive les retenus de visite, au mépris de leurs droits. La rétention est très mal vécue par les personnes sans-papiers, souvent vulnérables. Nous rappellerons ici qu’une personne s’est suicidée à l’intérieur du centre de rétention au mois de juin 2007.

Nous rappellerons également que le CRA est une zone où les droits des retenus ont été plus d’une fois bafoués : impossibilité pour eux de communiquer librement avec l’extérieur par téléphone, disposition pourtant prévue par la loi. Grâce à la vigilance des avocats, ce droit a pu être restauré avec à la clé de nombreuses libérations de retenus (août 2007).

Pour « faire du chiffre », se sont retrouvées enfermées des personnes dont le sentiment d’injustice est encore plus grand : des parents d’enfants français, des individus présents en France depuis de nombreuses années, des malades tout à coup déclarés « soignables » dans leur pays d’origine, dans le déni le plus total de leur situation réelle. Ces personnes se retrouvent dans une situation de désespoir absolu où tout est bon pour échapper à la reconduite à la frontière : privés de voix et de droit, les retenus attentent à leur vie, tailladent leur chair…

Par le présent communiqué de presse, nous entendons alerter l’opinion publique sur les conséquences cachées du durcissement de la politique gouvernementale. Les personnes sans-papiers ne représentent en aucun cas un danger, ce sont au contraire des personnes en danger, et leur enfermement est tout simplement inacceptable.

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