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BORDEAUX. Rachid Djilaili est assigné à résidence. En situation irrégulière, l’Algérien voudrait pouvoir rester près de ses filles

Il veut être un père pour ses deux filles

article écrit par Florence Moreau - publié dans sud ouest - Gironde - 29-06-2009

29 juin 2009

Il a obtenu un sursis. Rachid Djilaili, Algérien de 44 ans sous le coup d’une ordonnance de quitter le territoire français, est assigné à résidence à Bordeaux, où il se construit une vie depuis deux ans. Serrant contre lui sa plus jeune fille, élève de CM1 à l’école du Vieux Bordeaux, il attend beaucoup du soutien pratique et militant qu’il vient de recevoir de Réseau éducation sans frontière, RESF 33.

Arrivée en France en 2004 à la faveur d’un visa touristique, cette famille d’Algériens a depuis éclaté. Ses deux filles de 17 et 11 ans suivent une scolarité sans accroc et son ancienne femme, qui bénéficie d’un titre de séjour, tient un salon de coiffure, cours Alsace-Lorraine. Lui bénéficie d’une promesse d’embauche dans une entreprise de plomberie mais ne peut travailler sans titre. Il demeure expulsable à tout moment.

Comme s’il était célibataire

Saisi, le tribunal administratif de Bordeaux n’a pas estimé que la préfecture avait fait une erreur manifeste d’appréciation. Au vu des éléments en sa possession, la juridiction a notamment constaté, début juin, que la demande d’asile avait été rejetée, que le quadragénaire n’avait plus l’autorité parentale, perdue lors du divorce…

Aux yeux de l’administration française, Rachid Djilaili est donc simplement un Algérien célibataire en situation irrégulière sur le territoire français. Pas question dans ce cadre de lui octroyer un titre de séjour « vie privée et familiale », destiné à préserver des liens familiaux.

« Je suis aussi un père et je veux voir mes filles, être avec elles, m’occuper d’elle », demande cependant Rachid Djilaili. Contrôlé puis interpellé, lundi en gare de Bordeaux Saint-Jean, alors qu’il venait de prendre un billet de train pour aller chercher la nouvelle voiture d’un ami en Dordogne, il a été placé au centre de rétention de Toulouse (1).

« C’est la première fois de ma vie qu’on me mettait des menottes. Je tremblais, j’avais peur. » Naïf, diront certains, en tout cas ne voulant pas faire obstruction à la loi, il a même conduit les policiers à son adresse bordelaise pour qu’ils saisissent son passeport. Jeudi, le juge des libertés et de la détention de Toulouse a préféré l’assigner à résidence.

Il doit pointer tous les jours au commissariat, dès aujourd’hui. Entre-temps, son ex-femme lui a apporté son soutien. En l’accompagnant devant le juge aux affaires familiales pour qu’il récupère l’autorité parentale sur ses filles. Une décision pourrait être rendue en ce sens début juillet. D’ici là, il espère rester en France pour plaider de nouveau sa cause devant la cour administrative d’appel.

(1) Depuis l’incendie qui a ravagé le Centre de rétention administrative de Bordeaux, situé au sous-sol de l’hôtel de police, les étrangers en situation irrégulière sont conduits à Toulouse ou Hendaye pour y être retenus.

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Pour signer la pétition de soutien à Rachid Djilaili

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