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agenda

Du 1er janvier Au 30 juin
Les permanences

RESF33 1e me du mois, 10h ASTI.


Goûter de soutien aux sans-papiers

article-exercice écrit par Ange Claudia LIPEMH, étudiante à l’IJBA

6 décembre 2010

Des enfants courent, jouent et s’amusent. Leur insouciance apporte à ce rassemblement une part de légèreté. A côté, les adultes discutent, débattent, s’informent. Il s’agit surtout pour les parents d’élèves de s’organiser pour l’hébergement des enfants et de s’enquérir des démarches administratives pour la régularisation des parents.

Parmi ces parents, on distingue un homme au milieu de l’assistance, l’air hagard. Vêtu d’une parka et d’un jean, Antonio Sebastiao s’exprime en portugais face aux parents qui le comprennent, et répond aux questions des journalistes dans un français approximatif.

« Je serais torturé jusqu’à ce que mort s’en suive »

Partir n’est jamais un choix facile. Quitter la terre qui vous a vu naître est toujours un déchirement pour tous ceux qui prennent la décision de s’installer loin de chez eux. Ce sont les circonstances de la vie qui poussent des familles à émigrer. L’histoire d’Antonio ne fait pas exception.

Ancien membre du Front de Libération de l’Enclave du Cabinda (FLEC), il militait pacifiquement pour l’indépendance de l’enclave du Cabinda occupée et annexée par l’Angola. Ses engagements politiques lui valurent d’être emprisonné et torturé pendant 2 ans et 3 mois dans une prison au Sud de l’Angola, dans la région Cunene. C’est son épouse qui a permis son évasion en soudoyant les gardiens de la prison.

Accusé d’être membre du FLEC et de « créer la subversion » par les autorités du pays, Antonio a dû fuir l’Angola. « Ces accusations pèsent encore sur moi, car ce sont les mêmes autorités qui m’ont persécuté qui sont encore au pouvoir. En cas de retour, je serais torturé jusqu’à ce que mort s’en suive » explique-t-il.

En 2005, il fuit l’Angola accompagné de sa fille Maravilha, pour se réfugier en France. A son arrivée, il apprend la disparition de sa femme, le viol et l’assassinat de sa fille aînée par des soldats. Depuis juin 2009, il vit à Bordeaux où sa fille est désormais scolarisée en classe de CM2, à l’école primaire André Meunier. En situation irrégulière depuis son installation en France, Antonio a entrepris de nombreuses démarches pour sa régularisation. Aucune d’elle n’a abouti. Sa demande d’asile politique lui a été refusée. Récemment le tribunal administratif de Bordeaux a confirmé l’OQTF (ordre d’obligation de quitter le territoire français), considérant que les preuves apportées n’étaient pas suffisantes. L’avocat d’Antonio a cependant déposé une procédure auprès de la Cour Administrative d’Appel pour demander la révision du jugement et l’octroi d’un titre de séjour.

« Sans le RESF, je me serai retrouvé à vivre dans la rue avec ma fille  »

Dans leur malheur, Antonio et sa fille ont pu compter sur l’appui du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF).

Ce réseau composé de mouvements associatifs, de mouvements syndicaux, de soutiens politiques et de personnes issues de la société civile, milite contre l’éloignement d’enfants étrangers scolarisés en France, causé par l’éloignement de leurs parents étrangers en situation irrégulière .

L’intervention du RESF a permis à Antonio de trouver un hébergement dans un centre d’accueil d’urgence . « Sans le secours du Resef, Maravilha et moi, nous nous serions retrouvés à vivre dans la rue, nous n’avions nulle part où aller » raconte-il avec émotion.

L’hébergement de Maravilha est assuré par des familles de parents d’élèves. Alertés par le RESF, ils ont découvert la situation dramatique dans laquelle se trouvait l’enfant et son père. Un élan de solidarité s’est mis en place pour soutenir la famille. Le RESEF a trouvé des « parrains » à Maravilha au sein des parents d’élèves.

Jacques Audin, père de famille, est devenu le » parrain «  de Maravilha. Ce militant syndical qui se dit « sensible à tous ces problèmes humains » , a tout de suite accepté d’apporter son aide à la fillette. Pour Brigitte, mère de 3 enfants, scolarisés dans la même école que la petite fille, c ‘est « l’idée que des enfants innocents puissent être séparés de leurs parents » qui l’a profondément révoltée. Indignée, par la situation de la famille Sebastio, elle fait partie de ces parents qui se relaient pour accueillir Maravilha chez eux.

Quant à Monique de Marco, Présidente du Groupe Europe Ecologie – Les Verts au Conseil Régional d’Aquitaine et marraine de Maravilha, elle se bat pour la régularisation d’AntoniEF l’a sollicitée. Mais selon elle, il est plus difficile d’obtenir un titre de séjour aujourd’hui qu’il y a dix ans . La politique de rigueur du gouvernement qui consiste à « faire du chiffre » contribue à rendre plus difficile l’acquisition d’un titre de séjour.

Sous le coup d’une expulsion imminente, Antonio et Maravilha vivent avec la crainte quotidienne d’être séparés. L’expulsion du père mettrait à coup sûr sa vie en péril. Maravilha et Antonio espèrent que le recours en appel aura une issue heureuse cette fois-ci.

Ange Claudia LIPEMH, article en ligne sur le site

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